Une  façon plus détaillée et très personnelle de présenter

La taille d’Hiver

photo secateur vigne    

Le vigneron, taille, coupe. C’est un geste douloureux et réducteur pour le moment (comme la circoncision pour rentrer des trucs dans la tête des mecs ). D’ailleurs la vigne pleure et je m’enduis le visage lorsque je peux l’approcher pour tirer les bénéficies de cette terre qui me porte. Mais le vigneron sait qu’en taillant sa vigne elle le lui rendra et produira davantage encore et son fruit sera de meilleure qualité. 

Le vigneron prie une fois par an à la messe, surtout à la Saint Vincent son patron afin qu’il lui donne une bonne et belle vendange. Il ne revient jamais après la récolte remercier… En janvier il porte le vin d’assemblage pour les messes à l’Église, en offrande pour l’année. Chaque année un autre vigneron a cet honneur. Mais il n’y a jamais de remerciement. Jamais. Que des peurs !

Moi aussi j’aime la vigne, parce qu’elle est belle, d’un tendre vert duveteux au printemps, un océan de feuilles généreuse en été et je me réjouis des couleurs chatoyantes à l’automne.

En hiver le vigneron, grâce à son amour pour la vigne et comme taille.
Qui mieux que lui  la connaît et l’aime. Il sait ce qui lui convient !
Le sait-elle ?

Alors que la vigne semble se reposer sous le froid, le travail du vigneron ne s’arrête jamais. Dès la chute des feuilles commence la taille, qui se poursuit généralement durant l’hiver.

La taille permet de sélectionner les sarments qui porteront la future récolte. Elle régule la production et maintient un équilibre entre la vigueur de la plante, le rendement et la qualité des raisins.

En Champagne, seules certaines méthodes de taille sont autorisées dans le cadre de l’appellation, notamment la taille Chablis, le Cordon de Royat, la taille Guyot et la taille de la Vallée de la Marne. Leur utilisation dépend du cépage et des caractéristiques de la parcelle.

Voir la photographie du sécateur dans les vignes

 

 

Petite méditation philosophique 

Que la vigne soit belle ! Elle portera beaucoup de fruits et de grandes qualité…c’est la gloire du vigneron et l’intérêt de la vigne, sa joie !

 

Les sarments ne peuvent vivre et porter des fruits qu’à condition d’être unis au cep afin de recevoir la sève provenant des racines. « Demeurez en moi, comme moi en vous, de même que le sarment ne peut porter de fuit par lu même s’il en demeure en la vigne, aussi vous non plus si vous ne demandez pas en moi » verset 4

 

La sève qui circule dans la vigne, il faut comprendre que c’est la même vie qui circule dans le monde et qui vivifie, symbolise la vie qui anime l’homme. Sève = sang et sans le sans circule aussi l’énergie vitale, la vie.

Quand l’homme ne prend pas soin correctement de son corps et de son esprit la vitalité s’amenuise et la qualité de vie décroit, l’homme perd ses perspectives et ses repères. Il se trouve alors privé de sécurité et la panique s’empare de lui, le stressant et spammant son organisme. C’est donc la taille de la vigne qui est mise en évidence dans ce texte qui m’intéresse e cette nuit.

Les sarments stériles sont ôtés et ceux qui portent du fruit sont rabattus…c’est comme un ARRACHEMENT en tout cas pour moi. Mais cette taille purifie. Cela a quelque chose à voir avec l’histoire d’Abraham et les claques dont u mes parlais cet été. Mais je n’aime pas les claques, alors je trouve une métaphore qui me convienne afin de te donner la réplique.

Le sarment et le cep

 

            Un sarment ne peut vivre et porter du fruit que s’il demeure uni au cep et reçoit la sève venant des racines.

« Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut porter du fruit par lui-même s’il ne demeure sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez en moi. »

Cette image biblique nous parle de la vie qui circule, nourrit et relie. La sève de la vigne peut alors être rapprochée symboliquement du sang qui anime le corps humain.

Lorsque nous ne prenons plus soin de notre corps ou de notre esprit, notre vitalité s’amenuise. Nous pouvons perdre nos repères et notre confiance.

La taille devient ainsi une métaphore de nos propres transformations. Les sarments devenus inutiles sont retirés et ceux qui porteront du fruit sont raccourcis. Cette séparation peut être ressentie comme un arrachement, mais elle ouvre aussi un nouvel espace.

Tailler, c’est accepter de renoncer à une partie de ce qui a grandi afin de permettre à quelque chose de plus juste de naître.

Les travaux de la vigne au Champagne Gabriel Boutet texte officiel

Derrière chaque flûte de Champagne se cachent une année de travail, des gestes précis et beaucoup de patience. De la taille hivernale jusqu’aux vendanges, le vigneron accompagne la vigne au rythme des saisons.

Dans nos parcelles de Cumières et des environs, chaque intervention poursuit le même objectif : favoriser l’équilibre de la vigne et obtenir des raisins sains, mûrs et expressifs.

 

Le liage

Après la taille vient le liage. Les charpentes et les brins conservés sont attachés au fil de support afin d’orienter leur croissance et de favoriser une bonne répartition des futurs bourgeons.

Cette opération, entièrement manuelle, demande du soin et de la précision.

L’entretien des sols

Pendant l’hiver et au début du printemps, les sols sont également entretenus. Selon les parcelles, l’herbe peut être maintenue entre les rangs ou maîtrisée par un travail mécanique léger.

Ces pratiques permettent de limiter l’érosion, de préserver la structure du sol et de favoriser son activité biologique. Des amendements organiques peuvent aussi être apportés lorsque la vigne et la terre en ont besoin.

Le vigneron profite également de cette période pour vérifier les piquets, les fils et l’ensemble du palissage.

Le débourrement et les risques de gel

Au printemps, les bourgeons commencent à s’ouvrir : c’est le débourrement. La vigne reprend vie, mais elle devient aussi particulièrement vulnérable aux gelées printanières.

Durant les nuits les plus froides, les vignerons suivent attentivement les températures, car quelques degrés en dessous de zéro peuvent compromettre une partie de la future récolte.

L’ébourgeonnage

À partir du mois de mai commence l’ébourgeonnage. Cette opération consiste à supprimer les jeunes pousses inutiles ou non fructifères, parfois appelées « gourmands ».

Ces pousses risqueraient de détourner la sève au détriment des rameaux principaux. L’ébourgeonnage est réalisé à la main et fait appel à l’expérience du vigneron.

Au matin nous nous lèverons pour aller dans les vignobles. Nous verrons si la vigne bourgeonne, si les fleurs annoncent les fruits. » Cantique des Cantiques 7 ,12 a

En Champagne, on parle de « la fleur ». Le mois de Mais est le moment crucial pour les gelées et juin pour la pluie.  Toute chute de la température à ce moment peut être catastrophique. Il est coutume de dire que les vendanges auront lieu 90 à 100 jours après la fleur.

La floraison

image fleur vigne américaine

En Champagne, nous parlons simplement de « la fleur ». La floraison constitue une étape déterminante du cycle de la vigne, car elle annonce la formation des futures baies.

Une météo douce et relativement sèche favorise une floraison régulière. La tradition champenoise veut que les vendanges commencent environ 90 à 100 jours après la pleine floraison, même si les conditions climatiques peuvent faire varier cette estimation.

« Au matin, nous irons dans les vignobles. Nous verrons si la vigne bourgeonne et si les fleurs annoncent les fruits. »

Le relevage

De la mi-mai au début de l’été, les rameaux grandissent rapidement. Ils doivent être relevés entre les fils afin de maintenir la végétation en position verticale.

Le relevage facilite le passage dans les rangs et permet aux feuilles comme aux grappes de profiter davantage de la lumière et de l’air.

Le palissage

Le palissage consiste à séparer et à répartir les rameaux entre les fils, puis à les maintenir à l’aide d’agrafes.

Cette opération évite que les feuilles et les grappes ne s’entassent. Elle favorise leur exposition au soleil et leur aération, réduisant ainsi les conditions propices au développement de certaines maladies.

En raison de la forte densité de plantation du vignoble champenois, le palissage est une tâche longue, minutieuse et essentielle.

photo raisins 4

Le rognage

À partir de la fin du mois de juin commence le rognage, parfois appelé « taille d’été ». Il consiste à couper les rameaux qui dépassent au-dessus et sur les côtés du palissage.

Le rognage évite que la végétation ne se développe excessivement au détriment des grappes. Plusieurs passages sont généralement nécessaires jusqu’à l’approche des vendanges.

Sur notre exploitation, ce travail est réalisé manuellement dans certaines vignes en pente et mécaniquement, à l’aide d’un chenillard adapté, lorsque la configuration du terrain le permet.

Voir les raisins dans nos vignes

La protection de la vigne

Tout au long de la saison, le vigneron observe ses parcelles afin de détecter les premiers signes de maladie ou de présence de ravageurs.

Nous cherchons à limiter les interventions et à n’utiliser que les solutions nécessaires. La confusion sexuelle, fondée sur l’utilisation de phéromones, permet notamment de perturber la reproduction de certains papillons dont les larves peuvent endommager les grappes.

L’observation, l’expérience et la connaissance de chaque parcelle restent indispensables pour intervenir au moment opportun.

photo raisins paniers vendanges

Les vendanges

Les vendanges représentent l’aboutissement de toute une année de travail. Leur date dépend de la maturité des raisins, de leur acidité, de leur état sanitaire et des caractéristiques recherchées pour les futures cuvées.

En Champagne, les raisins destinés à l’élaboration du Champagne sont cueillis à la main afin de préserver l’intégrité des grappes.

Durant cette période, tout le vignoble s’anime. Les raisins de notre exploitation sont acheminés et pressurés à la coopérative de Cumières.

Voir les paniers de raisins pendant les vendanges

Découvrir une photographie de notre collection familiale prise à Cumières en 2018

Une année de gestes et de patience

Le travail de la vigne ne se résume pas aux vendanges. Chaque saison apporte ses tâches, ses décisions et ses inquiétudes.

Derrière chaque bouteille de Champagne se trouvent les gestes patients et passionnés du vigneron, qui accompagne la vigne tout au long de l’année dans le respect de son terroir.

 

Le vigneron prend soin de ses pieds de vigne comme un jardinier veille sur son jardin. Il observe la plante, suit l’évolution de la météo et adapte son travail à la situation de chaque parcelle.

Notre objectif est simple : préserver autant que possible les équilibres naturels tout en protégeant la récolte lorsque celle-ci est menacée.

Qu’est-ce que le biocontrôle ?

Les produits de biocontrôle utilisent des mécanismes naturels dans le cadre de la lutte intégrée contre les maladies et les ravageurs des cultures.

Ils peuvent comprendre des micro-organismes, des substances naturelles d’origine végétale, animale ou minérale, ainsi que des médiateurs chimiques tels que les phéromones.

Les biofertilisants favorisent l’assimilation des éléments nutritifs et contribuent au fonctionnement du sol. Les biostimulants aident la plante à mieux résister à certains stress climatiques ou physiologiques.

Le biocontrôle ne remplace cependant ni l’observation du vigneron ni toutes les autres formes de protection. Il constitue l’un des outils disponibles pour raisonner les interventions.

La confusion sexuelle

Nous utilisons la confusion sexuelle pour limiter la reproduction de certains papillons responsables des vers de la grappe.

Des diffuseurs libèrent des phéromones qui perturbent la rencontre entre les papillons mâles et femelles. Cette méthode permet de réduire le recours aux insecticides ciblant ces ravageurs.

Intervenir seulement lorsque cela est nécessaire

Lorsque les conditions le permettent, nous privilégions la prévention et les solutions les plus douces adaptées à la situation.

Mais certaines années, l’humidité et la pression des maladies peuvent menacer une grande partie de la récolte. Dans ce cas, une intervention correctement choisie, réglementée et appliquée peut devenir indispensable.

Notre démarche peut être comparée à celle d’un médecin : observer, prévenir, commencer par les solutions appropriées les plus simples, puis renforcer le traitement lorsque la situation l’exige réellement.

L’objectif n’est pas d’opposer systématiquement les méthodes, mais de protéger la vigne avec discernement et parcimonie.

L’importance d’une vendange saine

La qualité du Champagne commence avec la qualité des raisins. Une vendange saine permet d’obtenir des moûts plus propres et de limiter les interventions correctives pendant la vinification.

Prendre soin de la vigne, préserver les grappes et choisir le bon moment pour récolter sont donc essentiels à l’expression du terroir et à la qualité des futures cuvées.

La flavescence dorée : une surveillance indispensable

La flavescence dorée est une maladie grave de la vigne provoquée par un phyto plasme et transmise principalement par un insecte vecteur : la cicadelle.

La surveillance collective des parcelles est indispensable. Lorsque des ceps contaminés sont identifiés, leur arrachage est imposé afin de limiter la propagation de la maladie.

En Champagne, des prospections collectives sont organisées avec l’accompagnement des organismes professionnels et des techniciens du vignoble. Des groupes de viticulteurs parcourent les parcelles pour repérer les symptômes suspects.

La lutte contre cette maladie exige la mobilisation de tous. Le souvenir du phylloxéra nous rappelle combien une menace sanitaire peut bouleverser durablement un vignoble.

Lire notre article consacré au phylloxéra

Le mildiou : observer la météo et le feuillage

Le mildiou est favorisé par l’humidité et les épisodes pluvieux. Il se manifeste notamment par l’apparition de taches sur les feuilles et peut atteindre les grappes.

Le suivi de la météo, l’observation régulière des parcelles et les conseils techniques permettent d’adapter la protection au niveau réel du risque.

L’enherbement doit également être maîtrisé selon la vigueur de la vigne, la disponibilité en eau et les caractéristiques du sol. Il n’existe pas une solution identique pour toutes les parcelles ni pour toutes les années.

Une viticulture fondée sur l’observation

Bien cultiver la vigne, c’est chercher à comprendre son fonctionnement, celui du sol et celui du climat. Cette démarche demande de l’expérience, de l’intuition, mais aussi des connaissances techniques et le respect d’une réglementation rigoureuse.

Nous souhaitons permettre à la vigne de s’exprimer au mieux, en intervenant avec mesure et responsabilité.

Ne vous méprenez donc pas lorsque vous voyez un vigneron intervenir dans ses parcelles : derrière chaque décision se trouvent l’observation du terrain, l’état sanitaire de la vigne, les conditions météorologiques et la nécessité de préserver la récolte.

Saint – Vincent et la tradition vigneronne

Saint Vincent est traditionnellement considéré comme le patron des vignerons. Autour de sa fête, les villages viticoles entretiennent des coutumes de partage, de messe et d’offrande du vin.

À Cumières, comme dans d’autres villages champenois, ces traditions rappellent que le travail du vigneron demeure étroitement lié aux saisons, à l’incertitude et à l’espérance d’une belle récolte.

Le vigneron espère que la vigne sera belle, qu’elle portera des fruits sains et généreux. La qualité de la récolte devient à la fois sa joie, sa fierté et la reconnaissance de son travail.

La vigne nous enseigne ainsi la patience : ce que nous retranchons aujourd’hui peut préparer les fruits de demain.

Charles Millet, la vigne et la biodiversité et la transmission

En 2020, Charles a obtenu un agrément régional dans le domaine de la nature et de l’environnement.

Dans les vignes, il participe notamment à certains travaux, aux plantations et aux inventaires floristiques. L’observation des plantes présentes dans une parcelle apporte des indications utiles sur les caractéristiques du milieu et permet de mieux comprendre les équilibres du sol.

Durant la belle saison, Charles accompagne de petits groupes à la découverte de la biodiversité de Cumières. Ses sorties se déroulent dans les vignes, dans le village et aux abords de la rivière.

Elles permettent d’observer les plantes sauvages et de porter un regard différent sur le vignoble. Une vigne n’est pas seulement un lieu de production : elle appartient à un paysage vivant dans lequel cohabitent plantes, insectes, animaux et activités humaines.

Cette connaissance de la flore complète l’expérience du vigneron. Elle contribue à une meilleure compréhension du terroir et participe à la transmission de notre patrimoine naturel champenois.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Les produits de bio contrĂ´le sont des agents et produits qui utilisent des mĂ©canismes naturels dans le cadre de la lutte intĂ©grĂ©e contre les ennemis des cultures. Ils correspondent aux nouvelles exigences sociĂ©tales et constituent l’avenir de la protection de la vigne afin de nous amener vers un soin bio de nos cultures.

Le vigneron travaille la terre et prend soin des pieds de vignes comme un jardinier qui veille avec soin. Hier classĂ© HVE  nous avons demandĂ© Ă  faire retirer le label depuis que j’ai vu l’Ă©mission Sur le Front montrant l’usine serre gigantesque en Hollande classĂ©e HVE. Je ne comprends pas comment un tel site peut ĂŞtre classĂ© ! D’après moi des structures pareille n’ont rien Ă  voir avec le travail soigneux et artisanal que nous effectuons dans la production de raisins.

Par vigneron, nous entendons ici celui qui travaille ses vignes et vend également son champagne, qu’il l’ait élaboré lui-même (récoltant manipulant) ou bien qu’il en ait confié l’élaboration en collaborant avec une coopérative (récoltant coopérateur).

Selon cette terminologie admise, le vigneron pratique « l’intégration verticale » de sa filière, contrairement au viticulteur, qui se spécialise uniquement dans la production de raisin (vendeur au kilo).

Le vigneron est d’abord un métier de passion et nous avons pu nous constituer une position solide sur ce marché. Par notre singularité et la qualité de nos champagnes, nous avons su développer une notoriété et un réseau de clientèle particulière qui vont bien au-delà de nos frontières et tout au long du processus de fabrication et distribution de notre Champagne, nous veillons à l’impact carbone sur la planète. (recyclage eau et emballages par exemple).

Les bonnes annĂ©es nous travaillons de façon Ă©cologique …. mais cela parait Ă©vident !

Vous reconnaitrez une bonne année quand vos légumes et fruits dans les jardins beaux, bons, sucrés et juteux.

Certaines annĂ©es, lorsque arrive la maladie dommageable aux raisins et Ă  la rĂ©colte (qui est notre gagne pain), nous soignons d’abord avec des dĂ©coctions naturelles, mais lorsque la maladie s’installe nous n’hĂ©sitons pas au vu des vendanges passĂ©es et surtout celles de 2017 et  2023 qui ont dĂ©truits Ă  75% nos rĂ©coltes,  Ă  utiliser des produit  phytosanitaires dès que cela s’avère nĂ©cessaire.

Le Bio ContrĂ´le n’est pas un produit de traitement, c’est une façon de conduire la vigne et le sol en envoyant un signal Ă  la plante, lui permettant de se dĂ©fendre Ă  l’apparition des maladies.

Imaginez que vous ĂŞtes malade…. d’abord vous prenez une tisane, puis un grog, ensuite une aspirine et pour finir si tout cela ne vous soulage pas…vous allez chez le docteur qui vous prescrit des produits pharmaceutiques ou antibiotiques  pour vous remettre sur pieds. Ainsi nous procĂ©dons pour nos vignes.

D’avoir une vendange saine nous permet d’avoir des mout propres. Si les mouts sont tachĂ©s il faut nettoyer, ce qui veut dire ajouter des produits Ă  base de gĂ©latine d’œuf, de porc, de poissons, de pois, de lait.

Certains d’entre nous sont allergiques Ă  ces produits naturels utilisĂ©s dans tous les vignobles et cuisines du monde : maux de tĂŞte ou crampes = trop de sulfites ; aigreurs d’estomac =  trop d’acide, douleurs dans les articulations = colle de lait, d’œuf, cartilage de poisson ou de porc…

S’attacher Ă  comprendre et respecter le plus possible les lois de la nature dans la pratique agricole c’est un travail souvent intellectuel suivit de pratiques très règlementĂ©es et laborieuses.

Jadis l’agriculture prĂ´nĂ©e par Rudolf STEINER, père de la biodynamie (contestĂ© actuellement pour certaines de ses positions un peu sectaires), Ă©tait novatrice par le respect de la terre , mais surtout cette dĂ©marche rendait l’homme indĂ©pendant des firmes. Aujourd’hui mĂŞme en agriculture Ă©cologique et biologique nous sommes contraints d’acheter les produits aux firmes qui ne peuvent plus Ă©couler leurs produits chimiques… C’est une aberration qui nous est imposĂ©e parce que nous devons  administrativement remplir une fiche pour chaque bidon de liquide que nous transportons !

La traque de la Flavescence dorée terrible maladie du sol que certains appellent déjà le fléau du XXI siècle
Pour consulter l’article sur l’autre terrible maladie qui a dĂ©cimĂ©e la vigne au temps de nos arrières-grands-parents cliquez sur ce lien.

Nous devons obligatoirement nous prĂ©munir contre la flavescence dorĂ©e, flĂ©au sanitaire qui concerne le monde viticole. Ă€ voir sur internet, l’Ă©mission concernant le procès du vigneron de Bourgogne qui a enfreint cette règle.
En Champagne plusieurs cas de flavescence dorée (cep contaminé par le phytoplasme de la flavescence dorée) ont été découverts ces dernières années.
La prospection des parcelles et l’arrachage des ceps atteints constituent la seule mĂ©thode efficace pour enrayer un dĂ©part d’épidĂ©mie. L’inventaire et la destruction des pieds est une obligation prescrite par la loi.
 
Le Syndicat GĂ©nĂ©ral des Vignerons, avec l’appui du ComitĂ© Champagne coordonne les opĂ©rations de prospections collectives obligatoires et ont fait appel aux techniciens champenois de diverses structures d’accompagnement pour l’encadrement de ces prospections. Nous sommes tous appelĂ©s Ă  nous mobiliser,  nous former. Des groupes de viticulteurs prospectent rĂ©gulièrement sur une demi-journĂ©e. L’objectif est, Ă  l’échelle communale, d’assurer la prospection exhaustive d’une partie du vignoble. La rĂ©ussite de cette entreprise nĂ©cessite l’implication de tous….le souvenir du phylloxĂ©ra est encore dans toutes les mĂ©moires ! D’ailleurs ne dit on pas que la La Flavescence DorĂ©e est le phylloxĂ©ra du 21e siècle ?

La Flavescence DorĂ©e est  maintenant malheureusement une maladie bien installĂ©e dans le vignoble Champenois. En effet, sur plusieurs communes, des pieds infectĂ©s ont Ă©tĂ© identifiĂ©s : Vert Toulon, Cuis, Cramant, Chouilly, Oiry…

Sur ces communes, des prospections obligatoires sont organisĂ©es avec des arrachages et brulis de ceps…

Exemple de description de la traque contre  maladie du Mildiou et la Carence en Azote   juillet 2023

Contrôle du consultants Viticoles Indépendants

Agrément N°CA01675 pour le conseil spécifique et stratégique à l’utilisation des produits phytosanitaires pharmaceutiques et naturels

MILDIOU SUR FEUILLES

La sortie de taches provenant des fortes pluies du 21 ou du 22 juin, selon les secteurs, sont désormais très visibles, essentiellement sur le haut de la végétation, au dessus des fils releveurs.

Ce sont désormais 52% des parcelles visitées sur lesquelles nous avons observé des taches, mais ce pourcentage augmentera au fil de nos visites. En effet, ce pourcentage était de 67% pour les seules parcelles visitées ce lundi 03 juillet.

Depuis ces fortes pluies, les précipitations ont été limitées et les nouvelles contaminations sont rares, mais de nouvelles pluies sont annoncées en milieu puis fin de semaine.

La protection du feuillage contre le mildiou pourra se terminer aux alentours du 15-20 juillet.

Nous approchons désormais de la fin de la « Fermeture de la Grappe ».

La vigne va commencer Ă  envoyer ses nutriments vers les baies.

Les valeur de N-Tester arrivent donc Ă  un « plateau » avant de diminuer jusqu’Ă  la vendange. Sans ĂŞtre au niveau des annĂ©es record qu’ont Ă©tĂ© 2017 et 2021, le niveau moyen de vigueur de notre rĂ©seau est encore assez nettement supĂ©rieur Ă  la moyenne des 10 dernières annĂ©es

Les vignes profitent probablement de l’azote fournis par le sol suite aux pluies du dĂ©but du mois.

Les bandes enherbées sont variables, entre 0% et 75% et semblent donc supporter dans la majorité des cas mais elles gagneraient à être réduite dans les parcelles à plus de 50% de couverture.

 
Des méthodes alternatives à l’utilisation des produits phytosanitaires sont disponibles à l’annexe 1 de la stratégie de protection phytosanitaire qui vous est communiquée tous les ans et que vous retrouverez sur les messages individuels rédigés au cours de la campagne.

En cliquant sur les liens ci-dessous  vous trouverez l’accès au portail ECOPHYTOPIC, ainsi que le lien conduisant aux fiches action CEPP :
http://ecophytopic.fr/
https://ecophytopic.fr/cepp/concevoir-son-systeme/certificats-deconomie-de-produits-phytopharmaceutiquescepp-
https://ecophytopic.fr/pic/proteger/nouveau-centre-de-ressources-cuivre

fleur de vigne 3    photo fleur liseron image
Pour ceux qui voudraient lire les traitĂ©s d’agriculture de Rudolf STEINER je vous copie le lien ci-dessous

Le cours aux agriculteurs de Rudolf Steiner Ă  Koberwitz en 1924 (biodynamie-recherche.org)

Si on parle de bonne viticulture  de Champagne  et de vinification,  il est question de soigner avec parcimonie et de la façon la plus naturelle possible comme un bon mĂ©decin qui sait observer et soigner afin d’ aider la vigne Ă  s’ exprimer au mieux.

 Ainsi il nait une sortie d’union entre le viticulteur et sa terre de Champagne et l’osmose entre les deux apporte Ă  l’homme et Ă  son milieu une bonne vibration et une plus grande rĂ©sistance naturelle. Ce qui donne une grande vĂ©ritĂ© Ă  ce terroir Champenois rocheux de coccolites sur lequel naissent les raisins muris..

Cela est possible grâce aux Ă©lĂ©ments et au magnĂ©tisme que la terre a libĂ©rĂ©e durant le cycle de l’annĂ©e et qui apporte une  Ă©nergie valorisĂ©e pour retourner Ă  l’Univers. Nous sommes totalement immergĂ©s dans cette recherche « universelle » pour comprendre avec intuition après des d’annĂ©es d’observation et d’ expĂ©rimentation ce dont la vigne et la terre ont besoin pour se sentir bien.

NE VOUS MÉPRENEZ PAS QUAND VOUS VOYEZ DES PRODUITS  DANS LES VIGNES !

S’attacher Ă  comprendre et respecter le plus possible les lois de la nature dans la pratique agricole c’est un travail souvent intellectuel suivit de pratiques très règlementĂ©es.

Jadis l’agriculture prĂ´nĂ©e par Rudolf STEINER, père de la biodynamie, Ă©tait novatrice dès 1927 par le respect de la terre, de l’homme et de l’animal. Mais surtout,  cette dĂ©marche rendait l’homme indĂ©pendant des firmes. Aujourd’hui mĂŞme en agriculture Ă©cologique et biologique nous sommes contraints d’acheter les produits aux firmes qui ne peuvent plus Ă©couler leurs produits chimiques et donc fabriquent avec des plantes des produits bio que nous devons acheter Ă  grands frais…

C’est une aberration qui nous est imposĂ©e parce que nous devons administrativement remplir une fiche pour chaque bidon de liquide que nous transportons dans notre vĂ©hicule quand nous allons aux vignes !

Pour ceux qui voudraient lire les traitĂ©s d’agriculture de Rudolf STEINER je vous copie le lien Le cours aux agriculteurs de Rudolf Steiner Ă  Koberwitz en 1924 (biodynamie-recherche.org)

ENTRE VOEUX PIEUX ET REALITE IL EST PARFOIS DIFFICILE DE TENIR SON ENGAGEMENT… 
mais nous tentons de faire au mieux en respectant la nature mĂŞme si quelque fois un produit pharmaceutique doit remplacer le soufre ou une huile essentielle ! Soyons rĂ©alistes, les bonnes annĂ©es sont des annĂ©es oĂą le soleil brille et donne de beaux fruits et de belles tomates dans votre jardin… les annĂ©es pluvieuses peuvent ĂŞtre redoutables pour les cultures que soit le blĂ©, l’orge, l’avoine, les lĂ©gumes fruits et les fleurs de votre jardin. 
Ainsi donc vous saurez dorĂ©navant que quand le vigneron n’est pas classĂ© BIO il peut jongler entre produits naturels et produits pharmaceutiques afin de sauver sa rĂ©colte !

En 2020, Charles a obtenu un agrément de la région Champagne Ardennes pour être guide nature et environnement.

Aux vignes, Charles participe Ă  certains travaux, comme la plantation et l’inventaire floristique qui permet de comprendre la nature du sol et ses carences ou excès
Durant la belle saison, il fait découvrir des parcelles de vignes lors de ses sorties de biodiversité avec des petits groupes dans le village en bord de rivière ou aux vignes.

Il y a plusieurs familles tels que les Biofertilisants qui permettent aux cultures de mieux absorber les nutriments en préservant les ressources du sol grâce à la rhizosphère. D’autres sont Biostimulants pour la défense de la plante vis-à-vis des stress et valorisent leurs potentiels.

 Les produits de biocontrôle sont définis dans l’article L. 253-6 du Code rural et de la pêche maritime comme des agents et des produits utilisant des mécanismes naturels dans le cadre de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures.

Nous utilisons aussi les phéromones, ou de substances naturelles d’origine végétale, animale ou minérale.

 Il y a aussi les macro et micro-organismes utilisés dans les compositions phytopharmaceutiques ce sont, des médiateurs chimiques tels que les phéromones

que nous ne mettons depuis longtemps dans les vignes afin de ne plus utiliser d’insecticide.

Les bio solutions quant à elles, permettent de nourrir, stimuler et protéger les cultures pour une triple performance économique, sociale et écologique.

Par exemple pour apporter le soin nĂ©cessaire en cas d’attaque du feuillage ou de la grappe par les intempĂ©ries nous soignons nos vignes grâce Ă  des substances naturelles comme le purin d’ortie qui est un bio stimulant,  l’huile d’orange douce, un dĂ©sinfectant, antiseptique et cicatrisant contre l’oĂŻdium, de la tisane d’osier ou de saule en y ajoutant de la rĂ©sine de pin qui fonctionne comme une base adhĂ©rente pour renforcer les dĂ©fenses de la vigne. La Reine des Près est aussi largement utilisĂ©e sur nos parcelles en bio. Les principaux principes actifs connus sont : acide salicylique, glucosides, gaulthĂ©rine, hĂ©liotropine, flavonoĂŻdes, tanins, sucres, vitamine C, fer, calcium, soufre. 

photo raisins collection privée de Patricia MILLET Cumières 2018

VOIR  LE REPORTAGE SUR LA CHAMPAGNE AVEC PATRICIA MILLET

>>Cliquez ici pour accéder à la vidéo de France 3 Champagne<<

photo coquelicots patricia 2016

La vigne le vin et leurs symbolismes texte de mémoire universitaire 197

Propriété de l’homme, la bouteille est le plus souvent ouverte par lui, offerte par lui. Le vin est          distribué dans les verres aux invités, mais si vous buvez à la cave « entre hommes »              seul UN verre passe de mains en mains pour goûter.

Dans la maison, la bouteille est toujours offerte par l’homme, du moins en milieu vigneron traditionnel en Champagne (sans parler des grandes maisons de Champagne).

En pays viticole, si la femme doit servir du vin, c’est en l’absence de son mari (c’est ainsi que les Veuves en Champagne ont eu leur statut).

On ne doit pas boire à la bouteille, non seulement parce que le champagne mousse, et risque de faire une grande gerbée, mais parce que la bouteille est symboliquement la femme puisqu’elle est un contenant.

La bouteille, féminine, est gardée par l’homme, à l’usage de l’homme. Il faut se souvenir aussi de nos fêtes à nous tous. Promotions, anniversaires, mariages etc. Souvent aussi, l’homme devenu père, met en réserve à la naissance du fils une bouteille pour sa communion ou son mariage. Il arrive fréquemment que le jour du mariage, on mette de côté une bouteille pour la naissance du premier enfant.

Si la bouteille est synonyme de femme, le vin c’est l’homme, en langage métaphorique il est le sang et le sperme de l’homme. L’interdiction de boire du vin pour les femmes dans le bassin méditerranéen est encore la trace de ce même rite. La consécration à communion au sang du Christ pour les croyants catholiques est également interdit aux femmes… la aussi nous nous retrouvons dans cette même imagerie.

Le vin est associé à la notion de lignée, de patronyme, de patrimoine, et l’étiquette en témoigne. L’homme ou la femme l’y collera avant l’expédition avec le nom patronymique du fondateur de la marque ou de sa veuve. Aujourd’hui, il arrive que la femme y accole son nom, mais cela reste encore une rareté.

Gabriel Boutet n’a pas eu de successeur masculin mais son nom est resté comme lignage de la marque et de la famille qui a hérité de ses vignes.

Je disais donc que le vin porte le nom patronymique de l’homme qui le produit, ou encore le nom du terroir où nait le vin. Car le vin est toujours lié à la naissance de l’homme, et toutes les fêtes qui y sont associées. D’ailleurs tous les vignerons bichonnent leur vigne et mettent un point d’honneur à cultiver la vigne au moins aussi bien, sinon mieux que leurs ancêtres… d’où une certaine difficulté à faire évoluer les pratiques et les mentalités. Nos maris aiment leur vigne autant que leur épouse !

C’est aussi l’homme et lui seul avec d’autres hommes qui plante la vigne dont il est le maître.

Les nuits de gelées par exemple, l’homme se comporte comme un père avec sa vigne et mon mari n’est pas le seul à « sentir le froid » les nuits de printemps lorsque la future récolte qui n’est qu’un bourgeon «gèle de peur ! Ainsi, les après-midi d’été et ses orages violents et dévastateurs parfois, il n’est pas rare de voir nos hommes scruter et implorer le ciel ainsi que Saint Vincent afin qu’il protège les vignerons. Bien sûr, il en va du porte-monnaie, mais aussi du labeur d’une année, et cela s’appelle l’honneur du travail d’un vigneron !

La femme avec son sang produit les enfants fils de vignerons et ainsi elle acquiert un statut. L’homme produit le vin par le sang et la sueur de son travail. Le sang fait aussi référence au jus de raisin qui coule au pressoir. Donc au pressoir, l’homme devient féminin pour enfanter ou préparer la naissance du vin qui sera tiré quarante jours après. Il faut donc, pour faire du vin , un cycle court de 3 lunes et pour produire le fruit, un cycle long de 9 lunes.

Il faut noter qu’il était très rare jusqu’à ce dernières années qu’une femme taille la vigne… c’est un travail d’homme dit on parce qu’il est difficile ! Mais la femme peut ramasser les rameaux morts, elle peut également lier, palisser. Elle ne rogne pas et n’ébourgeonnait que rarement il y a encore vingt ans. Et lorsqu’elle cueille à la vendange c’est avec une corbeille (aujourd’hui en plastique) rappelant le panier dans lequel elle portait son enfant lorsqu’il venait de naître.

Dans toutes les régions, au moment des vendanges, il y a une sorte de gaieté remarquée uniquement à ce moment-là. Les vendangeurs et les vendangeuses se taquinent dans un langage d’allusions équivoques, qui en d’autres périodes en ferait rougir la plupart d’entre nous.

Les rites de fin de vendange, toujours très usités ressemble particulièrement à des rites de cultes proto chrétiens ou peut-être même de bacchanales. On appelle cette fête de fin des vendanges en Champagne

le COCHELET

Puis le dernier jour, au moment où la totalité de la vendange est rentrée au pressoir la jeunesse fait des farandoles, parcourant les rues du village en parodiant un cortège nuptial, carnavalesque. Puis le soir, au moment du cochelet, est servi le souper traditionnel des vendanges, selon la région lors d’une belle fête.

Patricia Huckel Millet

Extraits (1980-2008)           RĂ©fĂ©rences bibliographiques : J. Bonnet – M. Griaule – V. Gennep –   I. Bianquis – M. Eliade

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